Des hommes et des dieux

Des hommes et des dieux

S’il y a bien un film dont tout le monde parle en ce moment, c’est Des hommes et des Dieux. Alors forcement, moi aussi j’en parle.

Encensé par la critique à Cannes, je m’attendais à un film sombre, dur et émotionnellement violent.

On suit dans ce film le parcours de moines vivant en Algérie, alors plongée dans les heures les plus sombres de son histoire. C’est bien joué, c’est plaisant.

Mais ce n’est pas renversant, ni par la beauté des plans, ni par le rythme… Il n’y a rien qui ressorte tellement dans ce film.

C’est intéressant de suivre et de comprendre le cheminement psychologique de ces hommes, qui ont eu la foi jusqu’à en perdre la tête (… j’assume…).

Oui, mais ça, je préfère le voir bien installé dans mon canapé, à 22h50 le jeudi soir sur France 2 – je parle bien évidement des documentaires Infrarouge. Je ne dis pas que ce n’est pas le rôle du cinéma d’apporter un éclairage à un fait marquant, mais j’aurais aimé vivre le film un peu plus.

Au final, Des hommes et des Dieux, c’est un peu comme une messe (pour un non pratiquant j’entends). Comme à la messe, si nous écoutons ce qui nous est dit, on en apprend un peu plus sur la foi, sur la religion, sur nous. Comme à la messe, il y a des gens habillés en robe qui chantent (faux). Comme à la messe, par moment, il y a des blancs et on se fait un peu chier. Comme après la messe, on entend des gens qui sont bouleversés par ce qu’ils ont vu (ou entendu). Comme après la messe, en sortant, on est content parce qu’on se dit qu’on a bien fait, mais finalement, ça ne va pas changer notre vie.

Au final, je comprends aisément son accueil à Cannes : c’est un bon film, qui parle d’un sujet grave, et qu’il est difficile de ne pas aimer. C’est le film consensus, qui met tout le monde d’accord. Et je comprends encore mieux son accueil par le public : quand les gens se croient immergés dans une crise profonde, économique, politique ou religieuse, alors un retour à la foi fondamentale, exacerbée dans ce film, arrive comme une main salvatrice et réconfortante. Sortez ce film en période prospère, de plein emploi, et son impact n’en sera que plus réduit m’est avis.

Toilez-vous bien !

PastequeMan