Les Petits mouchoirs

Guillaume Canet, c’est un peu (mais juste un peu) l’incarnation de la réussite du cinéma français. Jeune acteur, il est vite passé à la réalisation avec le satyrique « Mon Idole », suivi du très pêchu « Ne le dis à personne ».
Pour son nouveau film, il s’est entouré d’une bande de copains pour tourner un film sur une bande de copains. Après avoir dirigé des acteurs à la carrière bien remplie (Berléan, Dussolier, Scott Thomas…), il s’entoure de plus jeunes mais non moins talentueux (Lafitte, Lellouche, Dujardin…).
D’ailleurs, au niveau acteur, pas grand chose à redire, ils font ce qu’ils peuvent avec ce qu’on veut bien leur donner. Chacun pousse à fond le trait caricatural de son personnage: Cotillard qui pleure tout le temps (à en devenir insupportable), Cluzet qui gueule tout le temps… Bref, les acteurs sont bons, mais leur rôle non.
Mais tiens donc, me direz-vous, je parle des acteurs avant d’annoncer le pitch du film… Et bien non, je l’ai déjà fait: l’histoire du film, c’est une bande de copains (en vacances). C’est plat, c’est mou, ça enlace la comédie débile, puis dans la minute suivante, ça s’oriente vers du pathos à 3 francs 6 sous. On s’ennuie, on a envie de mettre des claques à ces protagonistes caricaturaux et sans profondeur, et on attends impatiemment la scène finale qu’on voit venir de très loin (à peu près depuis la 2ème minute du film)…
La musique est souvent présente (on aime ou on n’aime pas), au point qu’on se demande si Monsieur le réalisateur ne cherche pas à faire connaître un pote…
Alors bon, voir le film de vacances de Canet et de ces potes durant 1h30 ça pourrait (à la limite) aller… Mais, non, là il faut que ça dure 2h30!
Et c’est bien dommage, car le film commence très bien par un long plan-séquence, où Dujardin (qui tient le meilleur rôle) bouffe tout l’espace. Mais même sur ce plan, Canet ne parvient pas à nous surprendre comme il avait su le faire dans son film précédent. Suit un enchainement de scènes surfaites et inintéressantes, pour finir en apothéose avec une morale à la con (sur l’amitié, sur l’homosexualité, sur comment on joue à 1,2,3 soleil…) et un générique de fin salvateur.
Je suis assez content de voir que je partage cet avis avec un bon nombre de critiques cinéma plus ou moins amateurs, qui ne se sont pas laissés aveugler par les paillettes qui entourent tout ce beau petit monde, et ont su juger le film pour ce qu’il était: un échec dans la filmographie des acteurs et du réalisateur (et scénariste par la même…).
Bourgeois-Bohèmes de la vie parisienne, allez voir ce film, c’est hype, c’est fait pour vous. Vous autres, amis amateurs de cinéma, passez votre chemin, vous aurez l’occasion de le voir d’ici peu sur vos petites lucarnes.

Toilez-vous bien!

PastequeMan