Biutiful

D’habitude, je n’aime pas trop le cinéma espagnol. Ca tombe bien, car, bien que tourné à Barcelone, Biutiful est un film mexicain, du talentueux Alejandro González Inárritu (Babel, 21 Grammes).

Assez loin de ces précédents films, le réalisateur nous plonge dans la vie de Uxbal, cherchant à tout mettre en ordre autour de lui avant de quitter le monde des vivants. On plonge dans le Barcelone caché, sale, bruyant et grouillant de sans papiers. Ce dernier sujet est traité sans prendre particulièrement partie.

Javier Bardem, bel espagnol de son état ayant raflé la palme de l’interprète masculin à Cannes, magnifie le rôle, faisant évoluer son personnage de façon crédible.

La pointe de surnaturelle peut désabuser certaines personnes. Pour ma part, je l’ai trouvée assez bien amenée, et très bien portée par la beauté du film.

Iñarritu a su garder une mise en scène particulière, belle, aux silences bien choisis. On nage dans le film sans se fatiguer, au point que les 2h35 du film, qui me pesaient sur les épaules avant de rentrer dans la salle, sont passées avec délectation et légèreté.

C’est avec un certain plaisir que je peux dire, pour une fois cette année, qu’un réalisateur attendu (par moi certes, mais attendu tout de même !) a su se montrer à la hauteur de sa réputation. Greengrass et autres Nolan, prenez-en de la graine !

A ceux qui cherche de l’action et de la violence, passez votre chemin, aux autres, plus sensibles aux charmes du septième art dans toutes ses formes, du jeu des acteurs jusqu’à la photographie du film, je conseille de voir ce film, pour la beauté qui s’en dégage.

Toilez-vous bien !

PastequeMan