Je n'ai rien oublié

Je n'ai rien oublié

Je peste souvent en ce moment contre les sociétés (surtout françaises) qui nous dévoilent tout le film dans la bande-annonce, sous prétexte qu’il faut bien attirer les gens au cinéma. Pour ce film, je n’avais pas vu la bande annonce, je ne connaissais rien du film, si ce n’est le titre et le nom des acteurs. Si la bande-annonce ne m’a pas gâché le film, l’affiche oui! Je ne rentrerai pas dans les détails de l’histoire pour ne pas la voler à ceux qui se laisseraient tenter par ce film, mais l’affiche en dit long sur le dénouement!

Une affiche, c’est joli (ou pas) mais ça ne fait pas un film. Alors arrêtons-nous quelques instants sur le beau casting de Je n’ai rien oublié: Depardieu, Arestrup, Lara, Baye… que de beau monde! De ce point de vue, je n’ai pas grand chose à redire, les acteurs sont bons (et jolie pour certaine… 🙂 ). Cependant, j’espérais secrètement retrouver un Depardieu aussi touchant que dans La tête en friche, les deux films évoluant dans le même registre (quoique La tête en friche soit un peu plus léger), ce qui ne fut pas le cas.

Une affiche, des acteurs, mais qu’en est-il de la mise en scène? Sans faire preuve de grande originalité, le film nous propose de belles prises de vue, légères et élégantes. Aucune faute de gout dans l’atmosphère des grandes familles bourgeoises du nord de la France, on sent le contexte du récit crédible à tout point de vue.

Un film joli, une affiche qui en dit long et un bon casting… Voilà de quoi faire un bon film? Bien sur que non, il ne faut pas évincer l’histoire aussi rapidement! Bruno Chiche nous narre ici le drame d’une famille, dont le fils adoptif revient, la tête en friche, en proie à des résurgences de souvenirs passés. Dit comme ça (avec mes bons mots bien choisis), ça ne sonne pas trop mal. Mais la trame principale est bien mal ficelée, tournant autour d’un secret de famille que le spectateur n’aura pas de mal à deviner… au bout de 15 minutes! De quoi lasser l’audience assez rapidement!

Et la critique ne s’arrête pas là! Le film évoque la maladie (plusieurs pour être précis), mais de façon bien maladroite. On rentre dans les clichés abscons de ces maladies, en exagérant les symptômes caractéristiques. Il aurait pu y transparaître un message, d’espoir ou de désolation, de frustration face à ces maladies, mais non, ici, on l’utilise pour faire avancer l’histoire, pour donner plus de caractère aux personnages.

C’est là aussi l’un des soucis de ce film: vouloir exprimer quelque chose dans chaque personne présent dans le film. Chacun des protagonistes dévoilent un trait de caractère bien trempé (la femme prise de pitié, la mère possessive, le père borné…). Mais tenter d’approfondir six ou sept personnages dans un film d’une heure et demi, avec une trame de fond qui penche vers le drame familial, voilà qui s’avère difficile! Et complètement raté pour le coup! En conséquence de quoi, on survole les différentes personnalités, qui se confrontent et progressent de manière incohérente.

Vous aurez compris que, si sur la forme, j’ai trouvé ce film assez sympathique, j’ai beaucoup moins adhéré au fond, trop dispersé à mon gout. Je n’ai rien oublié reste cependant un gentil film, regroupant un joli panel d’acteurs de premier choix, mais qui manquent malheureusement de liberté scénaristique pour déployer l’ampleur de leur talent!

En espérant n’avoir rien oublié… (un peu facile celle-la)

Toilez-vous bien!

PastequeMan