Sucker Punch

Sucker Punch

Sucker Punch, c’est l’histoire de Baby Doll, une jeune fille qui tue accidentellement sa soeur et qui se retrouve enfermée de force dans un asile psychiatrique. Elle devra accomplir une série d’épreuves pour s’en échapper.

Avec 300 et Watchmen, Zack Snyder nous avait habitués à une esthétique visuelle et sonore superbe et surprenante. Nous ne somme pas en reste dans Sucker Punch. La mise en scène est époustouflante, nous plongeant au coeur des scènes d’actions les plus rythmées qu’il soit. L’ambiance sonore nous plonge au coeur de la folie de Baby Doll, magnifiant les transitions entre les différents mondes imaginaires. Il n’y a aucun doute là-dessus, Zack Snyder maîtrise l’art de la mise en scène.

Le film tournant autour de la folie et de l’imaginaire, on ne peut pas dire qu’il soit bien joué, car il n’y a pas grand chose à jouer. Certains personnages sont transparents (mais peut-être est-ce un indice?), mais Emily Browning nous propose une prestation honorable.

Vient finalement mon ressenti. Je ne sais pas trop quoi penser de ce film. Sur le coup, j’ai été déçu. Bien que flattant l’oeil et l’oreille, il me semblait manquer le liant permettant à la sauce de prendre. Le même genre de sentiment qu’après Inception. On sent que c’est potentiellement un grand film mais pourtant…

Loin de moi l’envie de rentrer dans un débat trollesque et stérile (avec autant de filles en mini-jupe avouez que ce serait dommage), je pense que ces deux films sont emblématiques d’un genre assez nouveau (ou renouveau, je ne suis pas un expert du cinéma anté-jurassien (donc avant Jurassic Park pour ceux qui seraient un peu lents)) dans la lignée de Mulholland Drive. Le premier visionnage laisse perplexe, mais, contrairement à Mulholland Drive, permet aux esprits faibles d’esquisser un sens cohérent mais fade au film. Une fois une ou deux clés en main, un second visionnage ouvre la réelle complexité de l’oeuvre et permet d’en apprécier les moindres détails et d’en saisir un sens plus profond, plus sombre.

Ce genre de film me perturbe, car quand je sors d’une salle noire, j’aime pouvoir discuter, donner mon avis, avoir aimé ou pas le film. Des films complexes et aux interprétations diverses, tels que Mr Nobody ou The Fountain, peuvent faire passer une émotion, une sensibilité dès la première fois, et pourtant nécessiter de le revoir pour l’interpréter et y voir un sens plus subtil. Dans le cas de Sucker Punch ou d’Inception, le premier degré est tellement flagrant et terne, qu’on en ressort déçu. J’ai cherché durant ces deux films les éléments ouvrant aux hypothèses les plus folles, mais la densité d’information est telle qu’il devient difficile de former ces hypothèses, de les tester et de suivre le film en même temps.

Toute cette réflexion m’amène à revoir mon jugement sur ce genre de film. Bien que déroutant, je pense que j’en ressort non pas déçu, mais frustré. Frustré car je n’ai compris que le premier degré du film (et je suis donc rabaissé à la masse populaire, niaise et prosaïque, dénuée de toute réflexion cinéphile), frustré car le réalisateur a su cacher son message, le noyer dans la masse, frustré car il va falloir qui je retourne voir ce film. C’est là que réside, à mon sens, le génialisme (?! bravitude quand tu nous tiens…) de Snyder et de Nolan: offrir un film qui a du sens quand on l’effleure, mais qui déploie toute sa complexité à la seconde (ou plus!) lecture. Une frustration saine en somme.

En espérant que ces bons mots, issus d’une simple réflexion avec moi-même, vous donneront envie de voir Sucker Punch, qui, pour le coup, tient de l’excellentissime, à condition de le voir deux fois…

Toilez-vous bien!

PastequeMan