The Tree of Life

The Tree of Life

Terrence Malick a une renommée qu’on pourrait croire un peu surfaite. Un réalisateur qui pond six films en 40 ans mais dont le dernier est plus qu’attendu, cela semble un peu Kubrickien tout ça… Pour ma part, je n’ai vu que La Ligne Rouge et j’en garde un souvenir particulier: « Fichtre, je crois n’avoir pas compris le film dans toute sa grandeur ». Mais à l’époque, je n’étais qu’un cinévore et je n’avais pas encore mué en cinéphile.

J’ai donc vu et apprécié The Tree of Life avec un regard relativement neuf et candide sur Malick. The Tree of Life n’a pas vraiment d’histoire… ou plutôt tout un tas d’histoires… On y découvre la création de l’univers, peut-être aussi sa fin, l’apparition de la vie sur Terre, peut-être aussi l’apparition d’une divinité, la jeunesse dans les années 50 d’un garçon, peut-être aussi la vie de Sean Penn de nos jours… Bref, on y trouve tout un tas de chose, on y voit ce qu’on a envie d’y voir. Le tout est mêlé d’une empreinte psychologique, permettant d’accrocher le spectateur ou de le perdre un peu plus (comme je le fais avec vous en ce moment). Tout cet onirisme ambiant pourra plaire à certains, mais dégoûter d’autres.

On ne peut pas remettre en cause le jeu des acteurs. Si Sean Penn est largement absent (par le scénario j’entends), Pitt campe avec brio un père sévère des années 50. Mais c’est certainement Hunter McCracken qui interprète le mieux son rôle d’enfant en proie au doute, à la rébellion, au complexe d’Œdipe (quand je dis que chacun y voit ce qu’il veut dans ce film…)…

Ce qui caractérise le plus ce film est la beauté intrinsèque qui en découle. Chacun plan, chacun image est minutieusement préparé. Je pense notamment au passage relatant la création de l’univers. Cette scène fut pour moi le déclic qui m’a fait basculé d’un film légèrement soporifique à un film poétique et esthétique.

Malheureusement, tout cela est long… trop long… J’ai été conquis par le film car il propose une esthétique fouillée et rare, des acteurs fabuleux, mais le message métaphorique est lourd à digérer. J’ai interprété le film comme un éloge à l’amour, à la vie et surtout à une divinité (je vous invite à lire ma critique sur SensCritique pour bien saisir mon interprétation). C’est un retour aux bases de la psychologie humaine. Mais tout cela est un peu englué dans d’autres choses. On dénote certaines fautes de goût (je reste encore surpris de voir apparaître des dinosaures assez laids au milieu de tout cela).

Certaines critiques comparent à juste titre cette oeuvre à 2001 L’odyssée de l’Espace; parfois, on s’ennuie profondément. Infiniment plus beau et subtil que le film de Kubrick, The Tree of Life est une expérience à vivre, qui vous fera peut-être vibrer par moment, mais qui vous laissera, je n’en doute pas, déçu. A réserver au plus cinéphiles d’entre vous!

Toilez-vous bien!

PastequeMan