Cars 2

Cars 2

Les exclusivités s’enchaînent sur ce blog. Après avoir eu la primeur de la critique de Super 8, grâce  au truchement des sorties canadiennes, j’ai le plaisir de proposer en avant première la critique du dernier Pixar, j’ai nommé Cars 2. En effet, grâce à l’un des mes nombreux lecteurs (…) qui saura se reconnaître (encore merci à lui 😉 ), j’ai saisi l’invitation qui m’était tendue pour une avant-première en présence du réalisateur de Cars 2, pilier des Studios Pixar: John Lasseter.

Accompagné de sa productrice Denise Ream, les deux comparses nous ont présenté leur nouveau film et ont daigné répondre à quelques questions du public. Attaqué par une spectatrice sur les critiques plus que mitigées de ce nouvel opus, John a su brillamment se défendre (et par la même me convaincre) que son film d’espionnage (?!) était tout aussi bon que ses prédécesseurs. J’ai donc entamé cette séance confiant, persuadé que les critiques n’avaient pas compris le sens du film et que John Lasseter allait nous donner une revisite du genre espionnage en bonne et due forme.

Le film commence pourtant sur les chapeaux de roues, la première scène du film m’ayant conforté dans mon a priori sur un film d’espionnage satyrique. Malheureusement, je dois avouer que les critiques cinéma ont raison: Cars 2 est un accident dans la carrière de Lasseter. Abandonnant bien vite le style James Bond (avec même des voitures qui meurent dans les 5 premières minutes!), le film dérape et tombe dans le fossé de la médiocrité. L’histoire est d’une banalité affligeante, au point (mort) qu’on se doute des tournants de la narration bien avant qu’ils ne se présentent. On s’étonne de voir Pixar emprunter le chemin de la facilité en plaçant Martin en pilote de cette aventure, et en reléguant Flash McQuenn en faux second rôle. La mièvrerie de la moralité est omniprésente et navrante (amitié, biocarburant et écologie (ou pas!) etc…).

Si d’ordinaire dans un Pixar, les enfants autant que les adultes prennent du plaisir à voir le film, ici les seconds restent sur leur faim. L’essence même d’un film Pixar est de proposer deux degrés de lecture, l’un enfantin, l’autre plus adulte et cinéphilique. Ici, on roule sur les blagues pour enfant de quatre ans et le second degré est absent (ou très très bien caché…).

Par contre, en termes d’image, il n’y a rien à redire. Pixar confirme sa pole position sur le marché de l’animation 3D. Une fois encore, la 3D relief m’a paru quasiment absente. Non pas qu’elle soit discrète et mal faite, c’est plutôt qu’on ne la sent pas comme une technologie lourde et pataude, qui aurait du mal à démarrer. Pixar nous offre une nouvelle expérience magnifique, ou la 3D relief ne joue pas le rôle majeur du film. Si sur la technique aucun reproche ne peut être fait, sur le plan artistique non plus. Ce Cars2 nous amène à voyager un peu partout autour du monde, et nous propose des villes bien connues revisitées par le monde de l’automobile, offrant un ensemble élégant et cohérent.

Grosse déception, Cars 2 ne fait pas la course en tête pour être le meilleur Pixar qu’il soit. Esthétiquement beau, on reprochera au film de ne s’adresser qu’aux enfants et d’oublier de combler les adultes, pourtant une cible habituelle des films Pixar.

Toilez-vous bien!

PastequeMan