Persévérant dans l’éclatement culturel de ce site, je renouvelle la critique d’opéra.

Suite à ma grande satisfaction des Noces de Figaro, j’ai remis le couvert avec la Clémence de Titus, œuvre du toujours majestueux W.A. Mozart. Cet opéra nous plonge (par les sous-titres) au cœur de Rome, Titus fait Auguste, rejetant son amour Bérénice pour le seul bonheur de son peuple. De là, découlent certaines péripéties, peu nombreuses c’est pourquoi je ne les dévoile pas.

La Clémence de Titus

La Clémence de Titus

Ne prenant cette fois pas place dans le moderne Opéra Bastille, j’ai pu apprécier la grandiosité du Palais Garnier, aussi riche à l’intérieur qu’à l’extérieur. A opéra d’exception, lieu d’exception. Mais le carde ne fait pas tout. D’autant plus que lors du second acte, nous pouvions discerner le grondement discret mais présent d’un métro, train ou que sais-je encore. Sans être véritablement gênant, c’est une chose bien étrange dans un lieu si prestigieux.

Si je ne vous ferez pas l’affront de commenter la musique (d’une part parce que je ne suis pas un expert, d’autre part parce que de toute façon, Mozart fait du Mozart), je me permettrais quelques remarques sur la mise en scène globale. Le parti a été pris de transposer les acteurs dans la Rome renaissante, le peuple romain étant dès lors remplacé par une cour de nobliaux. Si cela peut laisser perplexe au début, cela devient cite cohérent, bercé au milieu de la musique du XVIIIème. Je noterai toute fois de nombreux dialogues accompagnés de seul le piano, qui dénote un peu face aux chants accompagnés de l’orchestre, ainsi qu’une certaine longueur scénaristique dans le second acte.

Le jeu des décors est absolument fabuleux. Avec un bloc de marbre, une peinture rougeoyante en fond (et diablement bien éclairée), et une rotonde à géométrie variable, on découvre des plans somptueux et expressifs. Car c’est bien là que réside tout l’art de l’opéra en comparaison au cinéma, transporter le spectateur sans artifices. Là où le cinéma peut se baser sur des plans de caméra rapides, ou lents, sur des vues larges ou des plans resserrés, l’opéra ne le peut pas. Mais par sa musique, son chant et son décor, il devient capable de faire partager une grande histoire, de plus de deux heures et demie.

Face à cette seconde expérience opératique, je ne saurais que trop vous conseiller de tenter l’aventure, tant ces 3 heures de musique et de chant sont belles.

Opérez-vous bien !

PastequeMan