Melancholia

Melancholia

Lars von Trier, réalisateur autant connu pour ces frasques que pour ces oeuvres très réussies, nous propose dans Melancholia de redécouvrir la fin du monde. Si le thème et certains plans seraient dignes de trôner dans un film de Roland Emmerich (Independance Day, The Patriot, 2012, etc. ), le réalisateur observe l’apocalypse depuis un angle plus psychologique.

Le film, séparé en deux parties, ne tourne pas tant autour de la destruction de la Terre par sa rencontre avec Melancholia, mais nous plonge dans une famille déchirée. Les deux soeurs, que tout oppose, sont chacune une phase du film. Avant d’avancer plus loin dans la lecture, sachez que je dévoile quelques points clés de l’histoire dans les paragraphes suivants. Je vous conseille donc d’aller directement à la conclusion si vous voulez voir ce film dans les meilleures conditions possibles (en toute innocence 🙂 ).

Dans le première moitié, nulle évocation de la fin des temps, mais la mélancolie est bien là, matérialisée par la blonde dépressive. Kirsten Dunst campe assez brillamment (assez pour décrocher une palme) Justine, cette soeur en proie à la maladie mentale. La seconde et dernière moitié s’attache à nous décrire Claire, la soeur en proie à la peur, jouée par Charlotte Gainsbourg, pour une fois bien inspirée. Dans cette page du film, Melancholia, personnification du Jugement Dernier est omniprésente.

Très lisible au premier abord, un peu déroutant, il est intéressant de voir ce film comme une histoire racontée de deux points de vue. La planète Melancholia peut alors être perçue comme la métaphore de la dépression de Justine. On voit dans ce film tout le pessimisme permis. L’homme est mauvais, on le ressent par toutes les facettes détaillées dans tout autant de personnages secondaires. Si la mort est inéluctable, son approche renforce Justine, dépressive, en conséquence de quoi préparée au pire et qui plus est, attendant cette fin avec impatience. La mort devient donc délivrance pour l’une, angoisse pour l’autre.

Sans être un très grand film, Melancholia est agréable à regarder, par son jeu d’acteur, la beauté des prises de vue, et l’élégance de la narration. Si je n’ai pas été pris aux tripes par ce film, Lars von Trier emmènera certains d’entre vous dans le plus profond de la névrose, par la beauté et la puissance qui se dégage de son oeuvre et sa façon bien à lui de décrire les pulsions destructrices de l’homme.

Toilez-vous bien!

PastequeMan