Tu seras mon fils

Tu seras mon fils

Ce film français, de Gilles Legrand, nous narre l’histoire assez simple de l’incompréhension d’un père et de son fils.

Paul, le père, est propriétaire d’un célèbre vignoble dans le bordelais. Il n’a aucune foi en son fils, Martin, qu’il considère comme limité. Sans nez, et donc sans talent apparant, Martin souffre de cette relation avec son père qui ne va qu’en s’empirant.

Tu seras mon fils dépeint une relation conflictuelle, le père étant buté, le fils ne sachant pas se montrer suffisamment digne de confiance. Si la beauté des vignobles bordelais est plaisante, elle n’est pas exacerbée ici. Les prises de vue restent simple, dans le ton du film.

Si les personnages sont travaillés dans le fond -un père irascible, un fils brimé, une bru un tantinet insolente- on dénote certaines fausses notes par moment. On reprochera notamment la vision très princière du monde viticole: un seigneur oeuvre en maître sur ses vassaux, en pagayant dans le luxe. Si je ne nie pas que ce monde bien à part nage dans l’argent, je considère que le sujet du film est sensiblement détaché du contexte. Ces allusions friquées n’amènent rien à l’histoire et sont donc très dispensables, voire mal venues.

Il est en outre indéniable que le film est porté par le duo d’acteurs: Niels Arestrup – Lorànt Deutsch. Dès l’entrée en matière, par un simple jeu de regard et de tonalité, on sens que l’histoire du fils et son père est complexe.

Je reprocherai par contre au réalisateur d’avoir construit un film un peu lourd. Toutes les scènes sont prévisibles, on entend le bruit de leurs sabots des minutes à l’avance. Un pointe de légèreté, de surprise, de sous-entendus auraient apporté au film ce je-ne-sais-quoi qui fait tout.

Tu seras mon fils reste néanmoins un film agréable, qui parlera à certains plus qu’à d’autres. Porté par des acteurs talentueux, il ne lui manque qu’une fraîcheur bienvenue, qui aérerait la bouche. A consommer avec modération.

Toilez-vous bien!

PastequeMan