L'Apollonide - souvenirs de la maison close

L'Apollonide - souvenirs de la maison close

Foutre le bordel (expression familière)

Après avoir laissé une semaine à PsychoP@T afin qu’il puisse prendre sa plume et nous livrer sa critique humide de l’Apollonide, je n’ai d’autre choix que d’écrire ma propre critique.

L’Apollonide, souvenirs de la maison close, c’est avant tout une affiche. Suggestive, mais élégante, cette image devrait motiver une certaine partie du genre masculin à voir ce film. Bertrand Bonello nous traine langoureusement dans les bras des filles d’un bordel vivant les derniers instants du XIXème siècle.

Si la condition de péripatéticienne de luxe n’est actuellement pas une situation très glorifiante, on aurait pu penser l’inverse dans des temps un peu plus anciens. Alors que ces maisons closes, ouvertes aux gens fortunés, semblaient un lieu de luxure et de plaisirs élevant la femme en idole iconoclaste dédiée à la sensualité, la réalité est toute autre.

L’Apollonide nous dévoile ces temps sombres, grêlés par la maladie, les manies perverses de certains clients et toute autre sorte de désagréments. Si les femmes et jolies filles présentées ici sont charmantes, elles ne tombent pas dans le mauvais gout qu’on pourrait craindre de la part d’un film traitant de ce sujet. Tout y est filmé avec douceur, et une pointe de violence dénuée de toute perversion sexuelle vient pimenter notre rapport au film. Très élégant, Bonello dévoile ici le corps féminin sans le dénaturer, sans fioritures et sans voyeurisme.

Si on peut reprocher au film une trop grande contemplativité, on sera touché par la réalité soulevée par le jeu des actrices. Egales, elles nous dessinent un bordel juste et sincère, rempli de doutes, de rancœur mais aussi de solidarité féminine.

D’une esthétique sans défaut, L’Apollonide nous confronte à la condition des prostituées d’un autre temps, écho des temps modernes, nous morfond dans une contemplation pseudo-érotique, que certains trouveront sans relief, tant il ne se passe rien dans ce film.

A conseiller à tous ceux qui aiment le beau au cinéma, qu’il se trouve devant ou derrière la caméra.

Toilez-vous bien!

PastequeMan