Les Adoptés

Les Adoptés

Mélanie Laurent n’a pas la côte en ce moment dans mon palmarès cinéma, peut-être parce que je n’aime pas que les américains nous enlève nos bonnes actrices. Certes, mais bon, quand j’ai la possibilité d’assister à une vraie avant-première en présence de ladite demoiselle, je me dis pourquoi pas. Sauf que le film en question est son premier film en tant que réalisatrice et qu’elle joue dedans.

Vu ces prestations quelques peu remarquées lors de la promo de con CD (que je n’ai pas écouté), j’ai craint le pire. Depuis Les petits mouchoirs, je redoute le pire des acteurs qui passent à la case réalisation. Mais là, quand une jeune fille vient se présenter comme actrice, chanteuse et réalisatrice, un doute encore plus gros s’installe en moi.

Les adoptés, c’est l’histoire d’adoptés… Non mais je ne tiens pas à dévoiler l’histoire. J’ai moi-même entièrement découvert l’histoire durant la projection et c’était bien comme ça. Je vais donc tenter de vous convaincre sans dévoiler l’histoire. Tout ce que je peux dire, c’est que ça commence très mal, sur l’image de Mélanie Laurent montant sur scène avec une guitare. Et là, d’un coup, on se dit : « Et merde, je vais voir un film d’auto-promo, avec ces musiques et tout… ». Et bien non, pas du tout.

Sans évoquer le synopsis, je peux pour autant parler des acteurs. Mélanie Laurent, Denis Ménochet, et Marie Denarnaud sont bons. Ils transmettent assez fidèlement leurs émotions et s’ils exagèrent par moment le trait, c’est pour mieux souligner le fait que nous sommes dans un cinéma. On nous raconte une histoire, on ne nous montre pas la réalité. On ne peut pas coller de trop près à cette réalité quotidienne, sous peine d’ennuyer le spectateur, il faut parfois grossir les caractères pour faire ressortir le message. Et c’est une chose que j’ai comprise à posteriori, lors de la discussion avec la réalisatrice.

La mise en scène peut surprendre. Tout se fait par un jeu de mise au point. Le plan focal est très resserré, dès lors, seuls les acteurs (ou ce que veut nous montrer la réal) sont nets, les premier et dernier plans étant flous. Par ce jeu, Mélanie Laurent aiguille sans cesse le spectateur. Au niveau du rythme, le film est très chapitré, ce qui permet de souffler de temps en temps et de bien comprendre ce jeu de mise en scène.

Enfin, je tiens à souligner la sympathie et la simplicité de Mélanie Laurent lors du jeu des questions-réponses avec la salle de cinéma. Elle a répondu à nos questions en toute franchise (du moins il me semblait) et n’a pas fait qu’une simple promo autosuffisante de son premier film.

Vous aurez facilement compris que je me suis laissé séduire par ce film. Les adoptés est une très bonne surprise. Sans être le meilleur film de l’année, il reste un très bon premier film, franchement prometteur. Il est agréable de voir que de jeunes réalisateurs savent nous donner des histoires simples, honnêtes et les mettre en scène de manière tout aussi simple et honnête.

Un film sympathique et un poil émouvant, à la mise en scène bien trouvée, je le recommande à tous.

Toilez-vous bien!

PastequeMan