Race

Race

Race est une pièce de théâtre traitant logiquement du racisme. Bien vendue par Yvan Attal, acteur principal, lors d’un passage télévisuel, la pièce met en place un cabinet d’avocat devant traiter avec un potentiel client. Ce présumé coupable, puissant magnat américain, est accusé d’avoir violé une jeune fille noire (inspiré d’un fait réel ?).

Le décor est des plus réalistes. On se retrouve directement plongé dans  ledit cabinet d’avocat. Les détails tels que les journaux ou autres démontrent une volonté de réalisme dans le traitement de cette affaire.

Bien portée par le quatuor d’acteurs, la pièce est très vivante. Si on appréciera facilement leur jeu d’acteur, globalement très bien  dirigé, on s’attardera plus sur le phrasé. Je ne sais pas si la pièce est une traduction d’un original américain, mais on sent ici cette forte influence. Le ton est sec, l’argumentation très hachée, telle que la produisent les américains. On saute facilement d’une idée à une autre, on ne dit pas directement le fond de sa pensée, mais on amène l’autre à la comprendre. Ces tours et détours sont assez déroutants mais permettent de comprendre le but de la pièce : débattre du racisme.

Car il ne s’agit pas ici de dénoncer le racisme tel quel, mais de comprendre sa place dans la société. Le racisme peut avoir un rôle, qui s’inverse, se retourne. On nous dévoile ici une vraie réflexion de fond sur un sujet trop souvent juste effleuré.

On ressort de cette pièce perplexe. Le rythme est assez inhabituel, les idées très dérangeante, cassant les codes du théâtre et du bien paraître en société.

A destination indéniable d’une classe de bourgeois-bohèmes, Race apporte un vent complexe sur la Comédie des Champs-Élysées. Une pièce à recommander à toutes celles et ceux qui veulent aller au théâtre pour se triturer le cerveau, dans le bon sens du terme.

Ridez-vous bien !

PastequeMan