Dark Shadows

Dark Shadows

Burton sombre ?

Burton nous a habitués à son style torturé. Du serial-killer au conte pour enfants, Tim Burton revisite généralement brillamment les classiques pour les obscurcir. Dark Shadows reste dans le style visuel cher à Burton et nous immerge dans les profondeurs d’une lugubre histoire de vampire.

Pour résumer en quelques mots, Barnabas Collins, triste vampire enfermé dans un cercueil à la fin du XVIIIème siècle se réveille dans les années 70 de notre ère. La trame est assez simple, mais les plis et replis de l’histoire un peu plus triturés.

De prime abord, je ne dirais pas que ce film brille particulièrement par ces acteurs. Les éternels Johnny Deep  et  Helena Bonham Carter sont bien évidemment de la partie. Je n’ai malheureusement pas eu l’impression qu’ils s’éclataient dans leur rôle. Si Eva Green est mise en valeur, elle n’est pas transcendante pour autant. En somme, je trouve qu’il manquait une sorte de sincérité dans le film.

Les décors et effets visuels sont très réussis, de ce côté, rien à redire. Par contre, l’esthétique du film en elle-même me semble un peu en retrait. Nous sommes ici très loin de l’imaginaire foudroyant que Burton pouvait déployer dans un Gotham City magnifique ou un Beetlejuice déluré. Il manque ici cette petite excentricité, pourtant si caractéristique de Burton. Ce château, bien que très majestueux semble finalement bien conventionnel. Le vampirisme du film passe finalement au second plan artistique.

Finalement, la mise en scène elle-même m’a un peu déçu. L’histoire nécessite une entrée en matière que j’ai trouvée un peu trop longue, pas très explicite et assez mal construite (prenez exemple sur la magistrale ouverture de Sucker Punch !). Mais Burton parvient par moment à me surprendre, surtout en laissant trainer des pistes qu’il n’exploite pas. Notez que c’est, à mon sens, plutôt positif : le réalisateur dresse des pistes sur lesquelles s’aventurent et se perdent les spectateurs. On regrettera la toute dernière image du film, aussi inutile qu’attendue, et qui laisse un mauvais arrière-gout dans les yeux.

Burton nous livre là un film au final assez loin de son univers, assez banal, et très complaisant avec les critères actuels du cinéma : pseudo-réalisme (dans les décors surtout), facilité dans le scénario… Malgré cela, Burton nous prouve qu’il sait faire des films efficaces, mais qui ne m’emmènent plus aussi loin qu’ils ont su le faire par le passé.

Ma note : 7/10

Toilez-vous bien !

PastèqueMan