Tag: Cannes 2012

Cosmopolis

Cosmopolis

Cosmopolis

Le film qui fait mouche, ou pas…

Après une psychanalyse passable, Cronenberg continue la trépanation pour nous plonger au cœur de la vie d’une sorte de golden boy. En une journée de sa vie dans un New York au bord du gouffre, nous essayerons d’appréhender les vicissitudes d’une vie tumultueuse.

Entre son détachement profond des valeurs de la vie, ses pulsions sexuelles exacerbées et sa quête de destruction, beaucoup y ont vu une sorte de méprise du capitalisme. Sans rapport à cela, Cronenberg nous montre juste les aspects les plus sombres d’une vie pourtant luxurieuse, et les névroses qui en découlent.

Dans un style bien propre à lui, le réalisateur nous offre une immersion dans un monde abscons, via la palette froide et tranchante de sa caméra. Prenant principalement place dans la limousine, l’absence d’action fait place net au verbe, qui prend ici tout son sens. D’une logorrhée sans fin, Cosmopolis nous noie littéralement sous un flot incessant de mots, qui feront plus ou moins sens.

Si la première heure du film passe bien, car bien portée par le peu charismatique (point de vue d’un homme hein…) Robert Pattinson, notamment lors d’une osculation plutôt douloureuse, la seconde moitié du film devient indigeste. Le verbe tue le verbe. On se perd dans un dialogue final qui donne pourtant la direction du film.

Cosmopolis est verbeux. C’est une expérience en soi, une réflexion sur l’information, la maîtrise de cette information mais surtout la prédiction de cette information et le pouvoir qu’il en résulte. C’est également une métaphore sur la chute, sur les rapports aux gens, sur la façon dont l’homme façonne son monde, si proche et si lointain du modèle naturel. Comme ma critique, ce film n’est pas facile à cerner, soit on aime, soit on n’aime pas, soit on ne sait pas.

Pour ma part, Cosmopolis a été assez efficace. Sans être un grand film, il aura le mérite de me trotter un petit moment en tête. Un film qui fera débat, à n’en pas douter !

Ma note : 7/10

Toilez-vous bien !

PastequeMan


De rouille et d’os

De rouille et d'os

De rouille et d'os

Le prophète des rouilles

Je ne connais pas beaucoup Audiard. Certes, son Prophète m’avait plu. Et voilà qu’un matraquage médiatique le pose sur le devant de la scène, accompagné d’une certaine Cotillard qui ne peut se vanter d’avoir une place dans choix dans mon cœur.

La curiosité prévalant, j’ai fait fi de mon a priori et je me suis lancé dans ce film, qui commence mal. En effet, je ne reviendrai sur la suspension consentie d’incrédulité du spectateur, chère à tout film, mais les premières images du film suggèrent une vision crue de la réalité. Pourtant, le film s’ouvre sur un père et son fils faisant les poubelles dans un TGV. Alors oui, je pinaille, me direz-vous, mais j’ai trouvé que cette scène sonnait très faux (peut-être parce que je connais bien les transports en trains et sais qu’un tel comportement est hautement improbable)… Ma remarque est peut-être stupide, mais elle dénote du contraste contant du film : une prise de vue rapprochée, voulant coller à la réalité mais un décalage avec l’histoire, que je trouve un peu surfaite.

On peut effectivement dire qu’Audiard et brio forme un bon duo et manient très bien la caméra ensemble (… j’ai honte de ma blague…). Les plans sont tous aussi léchés les uns que les autres, souvent fixés sur la nuque de quelqu’un. Le rythme, assez cadencé, colle bien au contexte et s’adapte aux aléas de l’histoire. Mais produire une belle image ne suffit pas à faire un bon film, il faut que le reste suive. Il faut avant tout un bon scénario. Et c’est certainement là que réside le nœud du problème : De rouille et d’os est plat. L’histoire se résume à la rencontre d’un gars paumé, se trainant son bambin de 5 ans sur le dos ou ailleurs, écumant les petits boulots pour survivre et d’une femme sans jambes et sans avenir, tous deux mangés par un méchant orque affamé.

Mais si une rencontre signifie souvent au cinéma un feu d’artifice (Katy Perry, elle est pour toi celle-là 🙂 ) d’émotions, on nage ici dans un océan de plastique, englué dans les faux bons sentiments, la fausse simplicité. Audiard peine a effleurer nos sentiments, et ses plus gros efforts pour nous mouvoir arrivent bruyamment dans leurs sabots de bois, écrasant brins d’herbes et surprise dans le même temps.

Notez que je n’ai pas encore évoqué les acteurs… Vous me voyez également venir, la critique lourde et acerbe sur une Cotillard que je trouve nulle dans ces derniers films. Et pourtant, je dois avouer que ce film me réconcilie un peu avec elle. Si parfois j’éprouve encore des difficultés à comprendre quelles émotions elle cherche à transmettre (son visage m’est très apathique en fait), je l’ai trouvée dans l’ensemble assez juste et convaincante. Loin d’être en lice pour le prix d’interprétation féminine, elle est enfin sortie de la léthargie syncopale dans laquelle elle s’était plongée depuis La môme. Matthias Schoenaerts est lui pour le coup remarque en paumé benêt maniant aussi bien ses mains que sa tête pour frapper.

De rouille et d’os n’est pas un mauvais film. Trop exagéré,  il ne souffle pas l’ombre d’une escarcelle d’émotion dans nos petites âmes flétries. Or sans cette étincelle, le film perd tout son sens – et je ne suis pas le seul à le soutenir, loin de là ! Une jolie pause cinématographique, bien jouée, mais un peu chiante à mon goût.

Ma note : 6/10

Toilez-vous bien !

PastequeMan


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